Comment la Bible a façonné l'oeuvre de Van Gogh
Alors que Vincent van Gogh continue de passionner les foules — en témoigne le succès de l’exposition immersive actuellement à Nantes, prolongée jusqu’au 24 mai — retour sur la manière dont la Bible a profondément inspiré l’œuvre de cet artiste de génie.

Savez-vous que la première vocation de Vincent van Gogh fut d’être pasteur, à l’image de son père et de son grand-père ? Bien avant de devenir l’un des peintres les plus admirés au monde, le jeune Van Gogh nourrit en effet un profond désir de servir Dieu et consacre de longues heures à la lecture de la Bible. Il en recopie des passages entiers, la médite chaque jour, la traduit même en plusieurs langues et y puise une lumière intérieure décisive.
Dans une lettre intime, il confie : « Je ne puis te dire à quel point parfois j’ai besoin de la Bible. Il va sans dire que je la lis ; chaque jour j’y lis quelque chose. Mais ce que je voudrais tellement, c’est l’avoir toute dans la tête, voir la vie à la lumière de ces paroles-là. Il en est une qui dit : “Votre parole est une lumière sur mon chemin, une lampe pour chacun de mes pas.’’ » (1)
Chez Van Gogh, la peinture vient tardivement. Ce n’est qu’à l’âge de 27 ans qu’il se met réellement à peindre. Sa vocation artistique apparaît ainsi chez ce peintre néerlandais voyageur comme un second appel, presque une conversion du regard. Faut-il pour autant voir en lui un peintre religieux ? Pas au sens strict. Van Gogh a réalisé peu de tableaux explicitement bibliques : on en compte seulement quatre : Le Bon Samaritain, La Pietà d’après Eugène Delacroix, La Résurrection de Lazare d’après Rembrandt, ou encore L’Ange.
Mais son œuvre entière est traversée par l’Évangile. Ce sont les paraboles du Christ qui le touchent profondément, et tout particulièrement celle du semeur en écho à cette parole de Jésus rapportée par l’évangéliste Marc : « Vous ne saisissez pas cette parabole ? Alors, comment comprendrez-vous toutes les paraboles ?» (Marc 20, 13)

La figure biblique du semeur revient sans cesse sous le pinceau de Van Gogh. Admirateur du peintre Jean-François Millet, il commence par copier ses représentations du semeur avant d’en proposer, à Arles, une version personnelle et lumineuse, marquée aussi par l’influence des estampes japonaises. Pour Van Gogh, semer devient un geste spirituel : celui de l’espérance, du travail patient et de la vie qui germe dans le secret de la terre.
Dans une lettre adressée à son ami et peintre impressionniste Émile Bernard en 1888, il évoque avec admiration le Christ comme un artiste incomparable : « Ce grand artiste – le Christ – s’il dédaignait d’écrire des livres sur les idées (sensations), a certes bien moins dédaigné la parole parlée – la Parabole surtout. (Quel semeur, quelle moisson, quel figuier ! etc.) ».
Van Gogh reconnaît dans les paroles de Jésus une puissance créatrice unique, capable d’éclairer le cœur humain. Ses lettres à son frère Theo van Gogh, plus de 600 au total, à qui il écrit en français témoignent de la place centrale de la foi dans sa vie. Il y écrit : « Puis lisez la Bible tout bonnement, et l’Évangile, c’est que cela donne à penser et beaucoup à penser, et tout à penser. Hé bien, pensez ce beaucoup, pensez ce tout, cela relève la pensée au-dessus du niveau ordinaire, malgré vous. Puisque l’on sait lire, qu’on lise donc ! » Une citation qui n'est pas sans rappeler la parole de Jésus : « Celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » (Marc 20, 9)
La Parole de Dieu n’est pas pour lui un simple héritage culturel : elle élève l’âme, ouvre l’intelligence et nourrit l’espérance. Van Gogh a certes étudié la théologie, mais c’est avant tout le message d’amour du Christ qui l’habite et le guide dans sa vie et dans son œuvre. Il écrit encore : « Tout ce qui est véritablement bon et beau, de beauté intérieure morale, spirituelle et sublime dans les hommes et dans leurs œuvres, je pense que cela vient de Dieu et que tout ce qu’il y a de mauvais et de méchant dans les œuvres des hommes et dans les hommes, cela n’est pas de Dieu et Dieu ne trouve pas cela bien non plus. Mais involontairement je suis toujours porté à croire que le meilleur moyen pour connaître Dieu, c’est d’aimer beaucoup.» Une intuition qui rejoint la parole de saint Paul : « Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité ; mais la plus grande des trois, c’est la charité » (1 Co 13,13). Cette charité, Van Gogh la contemple et la représente notamment dans Le Bon Samaritain.
En seulement dix années de création, jusqu’à sa mort en 1890 à 37 ans, Vincent van Gogh réalisera plus de 2 000 dessins et peintures, plus d’une par jour à la fin de sa vie.
Une fécondité fulgurante. Ses soleils éclatants, ses champs de blé vibrants, ses vignes, ses oliviers et ses vergers en fleurs sont un hymne à la beauté de la création et à la résurrection.
(1) Vincent van Gogh jusqu'au dernier soleil, Claude-Henri Rocquet, Mame, 2000
Le livre Paraboles de la Bible avec l'artiste Van Gogh recense 17 des plus belles toiles de l'artiste, peintes à la fin de sa vie, entre 1888 et 1890, sous le soleil de Provence. Celles qui évoquent le Royaume des Cieux, dont il est question dans les paraboles.
Une belle manière de se replonger dans l'œuvre foisonnante de cet immense artiste, et de la faire connaître aux plus jeunes.
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Paraboles de la Bible avec l'artiste Van Gogh, à partir de 7 ans, 15 €